|
menu_ppeche
|
LES PRODUITS DE LA PÊCHE, AUTRES
MOLLUSQUES TERRESTRES, ET BATRACIENS

Les
produits de la pêche maritime et d'eau douce
A
une époque ou l'homme des pays industrialisés se demande
ce qu'il peut manger qui n'affecte pas sa santé à court
ou long terme, il reste encore au fond des mers et des océans
(mais pour combien de temps ?), des ressources naturelles qui paraissaient
inépuisables il y a un siècle.
Cette manne s'amenuise de jour en jour de par le fait de l'homme et
de sa soif inconsidérée de profits
par n'importe
quel moyen.
Quelques flottilles de " petits bateaux " résistent
encore à la pression des législateurs, mais la pêche
artisanale tend à disparaître et suffit à peine
à subvenir aux besoins de quelques artisans courageux qui osent
encore affronter, en dehors des éléments naturels et
des pollutions industrielles, les réglementations et les quotas
qui leurs sont ou qu'ils se sont imposés afin de mieux gérer
les stocks et de préserver les espèces.
Par contre,
les navires-usines de la pêche industrielle continuent à
écumer systématiquement tous les fonds de la planète,
jadis poissonneux, et désertifient maintenant les zones côtières
ou cette activité ne procurait à leurs riverains qu'un
des seuls apports protéiques de leur alimentation ou représentait
une monnaie d'échange pour le troc en tout genre ; de même,
certaines nations continuent à prélever des espèces
marines en voie de disparition malgré une réglementation
mondiale stricte !!! (voir les baleines)
Dans
l'océan Arctique, les centaines de tonnes de poissons prélevées
quotidiennement, en certaines périodes, par ces unités
de pêche techniquement organisées, ne laissent aucune
chance de survie aux alevins qui devraient théoriquement attendre
d'être adultes pour se faire prendre mais qui trouvent quand
même place sur le marché, transformés en farines
destinées à nourrir des animaux d'élevage
,
mais ceci est une autre histoire
qu'il faut bien prendre en
compte au niveau de la pisciculture et de l'aquaculture en général
; a-t-on déjà vu une truite, une daurade, un sandre,
un turbot, un saumon
fou ? Mais il faut s'attendre à
tout !
S'il
est vrai que ces techniques de reproduction et d'élevage en
fermes marines ou en piscicultures permettent d'approvisionner le
marché en toute saison à des prix raisonnables, par
rapport aux mêmes espèces dites " sauvages "
dont la pêche est saisonnière ou réglementée,
on ne peut discuter le point de vue du gastronome éclairé
et fortuné qui fera la différence quant aux critères
organoleptiques des produits de la pêche traditionnelle ou artisanale
qui fournit encore " les grandes tables " d'ici bas.
Si la
" grande " restauration d'aujourd'hui fait encore la part
belle à des produits authentiques en tous genres, en respectant
leurs caractères saisonniers, leur saveur originelle, sans
forcément se limiter aux denrées rares ou " haut
de gamme ", quand est-il de la restauration familiale plus traditionnelle
qui doit faire appel à des produits d'élevage frais,
voire d'importation ou/et congelés, afin de servir des repas
dignes de ce nom à des prix abordables, en respectant la législation
et toutes ses contraintes, tout en dégageant une marge raisonnable
?
Ce problème concerne en partie la ménagère qui
doit gérer son budget nourriture.
Paradoxalement,
à notre époque, si friande de retour aux sources, d'agriculture
biologique, de traçabilité, de découverte des
saveurs pour les jeunes (et les moins jeunes), de sécurité
et d'équilibre alimentaires, le consommateur se retranche quand
même vers une alimentation aseptisée, standardisée
et insipide, produite par les géants de l'agro-alimentaire
et de la restauration de masse ; phénomènes de mode,
inquiétudes largement entretenues par les médias ?
Beaucoup de petites et moyennes entreprises de restauration ont à
faire face à ces constats qui mettent en péril leur
raison d'être et leur crédibilité vis à
vis d'une clientèle de plus en plus exigeante ou/et financièrement
limitée.
|
| |
Emile
Zola : "Le Ventre de Paris"
Quand les mannes s'étalèrent, Florent put croire qu'un
banc de poissons venait d'échouer là, sur ce trottoir,
râlant encore, avec les nacres roses, les coraux saignants, les
perles laiteuses, toutes les moires et toutes les pâleurs glauques
de l'océan.
Pêle-mêle, au hasard du coup de filet, les algues profondes,
où dort la vie mystérieuse des grandes eaux, avaient tout
livré : les cabillauds, les aiglefins,
les carrelets, les plies, les limandes, bêtes communes d'un gris
sale, aux taches blanchâtres; les congres, ces grosses couleuvres
d'un bleu de vase, aux minces yeux noirs, si gluantes qu'elles semblent
ramper, vivantes encore ; les raies élargies, à ventre
pâle bordé de rouge tendre, dont les dos superbes, allongeant
les noeuds saillants de l'échine, se marbrent, jusqu'aux baleines
tendues des nageoires, de plaques de cinabre coupées par des
zébrures de bronze florentin, d'une bigarrure assombrie de crapaud
et de fleur malsaine ; les chiens de mer, horribles, avec leurs têtes
rondes, leurs bouches largement fendues d'idoles chinoises, leurs courtes
ailes de chauves-souris charnues, monstres qui doivent garder de leurs
abois les trésors des grottes marines. Puis, venaient les beaux
poissons, isolés, un sur chaque plateau d'osier ; les saumons,
d'argent guilloché, dont chaque écaille semble un coup
de burin dans le poli du métal ; les mulets, d'écailles
plus fortes, de ciselures plus grossières ; les grands
turbots, les grandes barbues,
d'un grain serré et blanc comme du lait caillé ; les thons,
lisses et vernis, pareils à des sacs de cuir noirâtre;
les bars arrondis, ouvrant une bouche énorme, faisant songer
à quelque âme trop grosse, rendue à pleine gorge,
dans la stupéfaction de l'agonie. Et, de toutes parts, les soles,
par paires, grises ou blondes, pullulaient ; les équilles minces,
raidies, ressemblaient à des rognures d'étain ; des harengs,
légèrement tordus, montraient tous, sur leurs robes lamées,
la meurtrissure de leurs ouïes saignantes ; les dorades
grasses se teintaient d'une pointe de carmin, tandis que les maquereaux,
dorés, le dos strié de brunissures verdâtres, faisaient
luire la nacre changeante de leurs flancs, et que les grondins roses,
à ventres blancs, les têtes rangées au centre des
mannes, les queues rayonnantes, épanouissaient d'étranges
floraisons, panachées de blanc de perle et de vermillon vif.
Il y avait encore des rougets de roche, à la chair exquise, du
rouge enluminé des cyprins, des caisses de merlans aux reflets
d'opale, des paniers d'éperlans, de petits paniers propres, jolis
comme des paniers de fraises, qui laissaient échapper une odeur
puissante de violette. Cependant, les crevettes roses, les crevettes
grises, dans des bourriches, mettaient, au milieu de la douceur effacée
de leurs tas, les imperceptibles boutons de jais de leurs milliers d'yeux
; les langoustes épineuses, les homards
tigrés de noir, vivants encore, se traînant sur leur pattes
cassées, craquaient.
|