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La Girelle
Ses couleurs, une véritable harmonie de bruns et de jaunes, avec un orangé encore plus beau pour rehausser le tout, un oeil vif et une chair absolument succulente. Nous avions toujours quelques scrupules à la voir disparaître dans la soupe de poissons, c'est-à-dire bouillie et passée au moulin à légumes alors que nous nous régalions à la manger frite et enfarinée. Il y en avait plein. Elles étaient plus nombreuses que les vidroits et heureusement, pour le pêcheur comme pour le gourmet d'ailleurs. Nous en attrapions beaucoup à la canne autour des rochers de la plage dite de l'Indépendance (elle s'appelait comme cela bien avant celle de l'Algérie qui nous coûte tant). Mais il va sans dire que leur taille était plus conséquente quand nous allions pêcher en barque, au large, avec une canne ou à la palangrotte. Le mâle, bien plus gros et naturellement plus beau, que nous appelions la Girelle Royale, avait la particularité d'avoir des lignes brisées en zig zag de séparation des couleurs encore plus belles que chez la femelle. Mais pour elles, on avait créé un piège très
particulier, le girellier, mais nous prononcions "girolier"
: un panier circulaire qui épousait la forme d'un oursin, avec
une espèce d'entonnoir par lequel entraient les poissons et pas
seulement les girelles d'ailleurs mais tous les autres avec une majorité
de girelles quand même parce que l'entrée étroite
de ce piège les favorisait en quelque sorte. De l'autre côté
de l'entonnoir en question, une plaque de plomb circulaire, qui servait
d'ouverture et de lest, mais fermée le temps que le girellier
officiait au fond de l'eau, et par lequel nous sortions ensuite la pêche.
Tout le monde connaît. La girelle c'est aussi un peu, pour beaucoup, l'un des symboles de
la Méditerranée : le premier poisson que l'on apercevra
une fois la tête sous l'eau. |
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Sources : Gérard STAGLIANO www.bainsromains.com |
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