cancoillotte
La cancoillotte est une spécialité fromagère franc-comtoise
obtenue, après affinage, par fonte du metton, une matière
première naturellement légère en matières
grasses (caillé de lait de vache écrémé
à 100 % pressé sous forme de meules).
Très goûteux, ce fromage peut être consommé
froid (en tartine) ou chaud dans de nombreuses recettes :
croque-monsieur à la cancoillotte, pommes de terre rôties
enrobées de cancoillotte...
Elle partage la compagnie des mets rustiques.
La cancoillotte était déjà présente sur
les tables des Séquanes et des Gallo-Romains et le mot cancoillotte
serait pour certains la traduction littérale du latin concoctumlactem.
D'autres font remonter son origine à une erreur de préparation
dans une ferme du XVIe siècle sans que l'on puisse précisément
l'établir.
La cancoillotte était appelée "fromagère"
jusqu'au début du siècle. Sa fabrication n'était
pas répandue dans toute la Franche-Comté. Là où
les fruitières n'existaient pas, les paysans devaient tirer partie
eux-même de leur production de lait. Dans chaque ferme, les femmes
fabriquaient leur beurre puis, avec le lait écrémé,
elles préparaient la fromagère. Ces produits étaient
vendus sur les marchés des villes environnantes.
Pour faire la fromagère, on laissait cailler naturellement le
lait écrémé. Le petit lait (sérum) s'égouttait
et l'on obtenait un bloc de metton que l'on émiettait et laissait
fermenter lentement à douce température. Quand le grain
devenait jaune et répandait une odeur un peu forte, on fondait
ce metton avec du beurre jusqu'à cuisson.
Ainsi préparée, la cancoillotte se conserve difficilement
et n'est pas transportable.
Pendant la première guerre mondiale, Madame RAGUIN entreprit
des essais de stérilisation de la cancoillotte pour la faire
parvenir à son mari se trouvant sur le front.
L'histoire de la cancoillotte est très ancienne, mais c'est
à partir des années 20, que M. Laurent RAGUIN, originaire
de Rochejean (dans le Doubs) révolutionne la fabrication de la
cancoillotte en permettant son industrialisation
Quant au mot "cancoillotte" lui-même, ses origines sont
beaucoup plus proches. Ce fromage a d’abord été
appelé fromage fondu (certainement en raison de sa préparation),
fromage gaudot (à cause de ses similitudes avec les gaudes refroidies),
fromage de ménage ou encore fromagère. L’appellation
actuelle ne s’est généralisée qu’à
la fin XIXème siècle, et son orthographe a varié
avec le temps (cancoillote, canquoillote, canquoillotte, voire camoillotte
dans le patois de Montbéliard).
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Poème de Charles Thuriet
Dans un beau linge clair maillé
Avec amour on emmaillotte
Un gros amas de lait caillé;
Principe de la cancaillotte.
Quand bien comprimé bien tordu,
Il ne reste plus une goutte
De liquide en ce résidu
Dans un vase, non loin du feu
À l'abri du chat on dépote
Le blanc produit qui va sous peu
Se transformer en cancaillotte.
Sans trop vous impatienter
Attendez que dame nature
Ai fait doucement fermenter
La savoureuse moisissure.
Émiettez-la de temps en temps;
Et quand chaque petite motte
Jaunit comme le blé des champs
Faites cuire la cancaillotte.
Dernière préparation,
Qui doit s'opérer juste à l'heure;
Mêler avec discrétion,
En tournant, eau, sel, poivre, et beurre,
Et que plus un grumeau ne flotte;
Versez chaud votre contenu:
Vous aurez fait la cancaillotte ... |
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