Gastronomie d'en Périgord - Recettes du Périgord et Encyclopédie Gastronomique : Foie gras, Truffes, Confits de Canard et autres produits du terroir.
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le beurre de cacao

Les Français n'ont pas avalé la directive européenne autorisant l'adjonction dans le chocolat de graisses végétales autres que le beurre de cacao. Dans l'attente improbable d'une annulation de la mesure européenne, le parlement pourrait adopter un label distinguant le chocolat "pur beurre de cacao".

Michel Pelchat s’en va en guerre ! Le défenseur des quotas de musique française à la radio s’est trouvé un nouveau cheval de bataille, "un symbole de l’identité culturelle française gravement menacé", "un produit populaire" : le chocolat. Alors que les Français s’apprêtent à dévorer 35 000 tonnes de petits œufs et autres friandises de Pâques, le sénateur (RI) et quelques autres élus à sa suite ont bien l’intention de déterrer la hache de guerre à peine enterrée.
L’année dernière, l’Union européenne adoptait une directive permettant (dans trois ans) aux producteurs d’appeler "chocolat" des produits contenant autre chose que du cacao, du sucre et du beurre de cacao. Choquant ? A coup sûr pour les Français et la plupart de leurs voisins. Shocking ? Pas le moins du monde pour les Anglo-saxons, qui remplacent sans état d’âme le beurre de cacao par celui de karité, l’huile de palme ou de noyaux de mangue. "Peu de pays produisent du cacao, explique à tf1.fr Michel Pelchat, les multinationales veulent étendre le panel de leurs fournisseurs et trouver des matières premières moins coûteuses".

Un chocolat "pur beurre de cacao"

En attendant une annulation improbable de la directive, les Français ont pris les devants. Le parlement devrait très bientôt adopter une disposition permettant l’apposition de la mention "pur beurre de cacao" sur le chocolat ne contenant aucune autre graisse végétale. Une mesure bien accueillie, même par la Chambre syndicale des chocolatiers pourtant proche des multinationales. "Pourquoi s’y opposeraient-elles ? Elles peuvent vendre leurs produits sous le nom de chocolat", déplore le sénateur qui doute un peu de l’efficacité de la mesure : "Les gens ne tiendront pas compte du label, ils s’arrêteront au terme chocolat".

Le président de la Confédération des chocolatiers et confiseurs, Guy Urbain, n’est pas aussi pessimiste : "‘Beurre de cacao’, ça fait noble, ça parle, confie-t-il à tf1.fr, c’est le produit tel que le Bon Dieu l’a fait. Les gros producteurs ne sont pas fous : ils continueront à produire du chocolat authentique de peur de s’attirer les foudres des médias et des consommateurs".

Pourtant le label risque d’être source de confusion, comme le souligne Sylvain Margou, secrétaire général de la Chambre syndicale des chocolatiers. "Quand on parle de chocolat, on pense surtout aux tablettes mais il existe des quantités de friandises. La mention "pur beurre de cacao" concernera-t-elle toute la friandise ou uniquement le nappage ?"