Gastronomie d'en Périgord - Recettes du Périgord et Encyclopédie Gastronomique : Foie gras, Truffes, Confits de Canard et autres produits du terroir.
Gastronomie d'en Périgord - L'encyclopédie gastronomique de la Dordogne

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LES ALGUES

Algues marines et diététique:
L’eau de mer offre une composition remarquablement constante, comparable à celle du plasma sanguin. Elle contient en solution tous les éléments nécessaires au maintien de la vie, éléments que les algues absorbent et concentrent dans leurs tissus. Par ailleurs les techniques modernes de culture et d’élevage tendent à appauvrir notre alimentation alors que nos organismes, soumis à un stress toujours plus aigu, ont un besoin croissant de ces éléments nécessaires à leur bon fonctionnement. La carence guette, avec pour conséquence la multiplication de ces maladies dites “de civilisation”, parmi lesquelles se retrouvent les maladies cardio- et cérébro-vasculaires, les troubles neuro-psychiques, les rhumatismes chroniques, l’excès de poids... Les algues s’imposent ici comme un remède d’autant plus efficace que l’organisme assimile mieux les sels minéraux sous cette forme organique que sous la forme minérale généralement prescrite. Le plus diététique des aliments n’aura aucun succès, cependant, s’il n’a pas également bon goût. Pour que la consommation des algues s'installe durablement dans nos habitudes alimentaires, il faut de la rigueur dans le choix des variétés et des lieux et périodes de récolte, du soin dans la mise en oeuvre des différents processus de transformation , et enfin, de l'imagination, pour la création de recettes. C'est une véritable gastronomie aux algues qu'il faut inventer!

Le cas particulier du Nori:
De toutes les variétés d’algues comestibles disponibles dans le commerce, il en est une qui mérite une attention particulière, le Nori. Nom commercial du porphyra tenera, nori est un mot Japonais qui signifie «algue». Cette algue est la plus consommée dans le monde. Non sans raisons...

Le terme de Nori désigne au Japon un produit élaboré à partir des différentes variétés de Porphyra qui y sont aujourd’hui cultivées. Celles-ci sont longuement lavées à l’eau douce, broyées, puis disposées en fines couches dans des moules mis à sécher. Les feuilles obtenues servent d’enveloppes aux rouleaux de riz cuit: les sushis, ou, aprés émiettement, d’aromates pour la viande ou le poisson. Ce type de produit disponible également sur ce site n'est pas fabriqué en France, il est importé. En revanche, on trouve plus facilement, sous ce même nom de nori, du porphyra tenera sauvage provenant des côtes bretonnes, vendéennes, charentaises... déshydraté et présenté en branches ou en paillettes plus faciles à employer. La France n’ayant pas de tradition de consommation de cette algue, c’est en effet le nom de nori qui a été logiquement retenu pour sa commercialisation. Et le nori, c'est: 5 fois plus de calcium que le lait, 2 fois plus d’iode que les coquillages, 7 fois plus de fer que les épinards!
http://perso.wanadoo.fr/algues/index.htm

La Spiruline :

La spiruline fait partie de ces algues microscopiques dont la présence sur terre aux premiers âges de la vie a donné à l'atmosphère cette teneur en oxygène qu’elle a aujourd’hui et sans laquelle nous ne serions pas. Elle croît à l’état naturel dans des lacs saumâtres des régions chaudes de la Terre et a toujours représenté pour leurs riverains une source majeure, sinon indispensable, de protéines et de vitamines. Les Aztèques du Mexique la récoltaient et consommaient traditionnellement, et aujourd’hui encore, on en retrouve une bonne proportion dans un spécialité connue au Tchad sous le nom de dihé.

Son odeur, mélange de foin et de poisson séché, et sa couleur verte intense, ne sont pas à priori des plus appétissantes, mais les indéniables qualités nutritives de la spiruline méritent qu’on surmonte cette prévention et fasse l’effort de la tester. Au reste, lorsque elle est mélangée, à la manière d’un quelconque aromate, à des soupes, sauces, salades, boissons..., son odeur disparaît et son goût s’avère agréable.

Le Kombu :


Voici avec ce terme une nouvelle preuve du rôle joué par le Japon dans le développement actuel de la consommation des algues. Ce mot y désigne en effet une algue trés largement consommée qui se rencontre aussi sur nos côtes, où elle fait l'objet de cueillettes automnales intensives: la laminaire digitée. Les long rubans enchevêtrés que des bateaux spécialement équipés arrachent inlassablement des fonds marins pour approvisionner l'industrie des colloïdes sont bien des laminaires, ce n'est plus du Kombu. Les laminaires destinées à l'alimentation sont choisies pour leur jeunesse. Leurs rubans fins et souples sont encore vierges des petits coquillages et des petites algues qui s'y fixent par la suite, ils atteignent à peine le mètre. Elles ont alors le meilleur goût. Ainsi cueillies, séchées puis tranchées, se présentent-elles sur le marché sous ce nom qui les a fait connaître, et qui, pour être issu d'une culture qui fait de la consommation des algues un véritable art de vivre, les valoriserait plutôt: Kombu.

La "laminaria", à laquelle les botanistes ont accolé cet épithète de "digitata" à cause de ce thalle découpé comme des doigts qui la caractérise, est une algue pérennante qui peut vivre 5 ans. Elle se développe sur des substrats rocheux et battus par la houle, du niveau des basses mers de vives eaux, jusqu'à des profondeurs variables dans l'étage infralittoral. Elle peut atteindre là de 4 à 5 mètres, contre 2 à 3 mètres quand elle découvre. Entre le stipe, cette partie du thalle qui relie les rubans aux crampons formant le pied, et les rubans proprement dits, se situe une zone où la multiplication cellulaire est trés intense, c'est elle qui , année après année, assure sa croissance.

Le Kombu s'est d'abord installé dans nos cuisines comme adjuvant de cuisson des légumes secs, car il en améliore la digestibilité et, favorisant le ramollissement des fibres de cellulose, réduit de près d'un tiers leur temps de cuisson. Cet usage premier s'est ensuite élargi sous l'impulsion de cuisiniers chevronnés qui, adaptant et remaniant d'anciennes recettes, en créant de nouvelles, ont jeté les premières bases d'un véritable patrimoine culinaire.


 

L'agar-agar :

Agar-agar est un mot d’origine Malaise qui désigne en extrême-orient la gelée obtenue à partir de diverses algues rouges : gélidium, gracilaria... et dont la découverte s’est faite accidentellement au XVIIème siècle par un cuisinier Japonais. Ce dernier, retrouvant dans la neige en lieu et place des restes d’une préparation culinaire qu’il y avait jeté la veille, une substance transparente, sèche, eut l’idée de la reprendre pour la faire bouillir. Il obtint après refroidissement de la gelée, initiant ainsi un procédé de fabrication qui se mua peu à peu en une industrie dont le Japon garda seul la maîtrise jusqu’à la 2ème guerre mondiale.

Ce gélifiant naturel se présente généralement sous la forme d’une poudre très fine, dont à peine 10 grammes mélangés à un litre d’eau portée à ébullition permettent d’obtenir un gel ferme. Quelques pincées introduites avant cuisson dans une préparation, soit un dosage compris entre 0,2% à 0,8% selon la fermeté recherchée et les autres ingrédients mis en oeuvre, suffisent pour produire le résultat voulu. Dans les pâtés et terrines, il remplacera très utilement et efficacement la gélatine, car contrairement à elle, son goût est neutre et son apport en calories quasiment nul, et enfin, plus puissant qu’elle, il en faut beaucoup moins. En pâtisserie, il est incontournable pour épaissir ou gélifier entremets, jus, sirops, et il permet de réduire le proportion de sucre dans les confitures.
L'agar-agar existe aussi sous forme de filaments que l'on peut utiliser en décor de salades variées, de pâtisserie... On en retrouve le pouvoir gélifiant en les faisant tremper dans de l'eau.

Le Wakamé : (culture)

Cette algue brune de la classe des Phéophycées ne se rencontre guère à l'état sauvage qu'en extrême-orient, fixée à des rochers qui émergent tout juste aux grandes marées d’équinoxe. Les botanistes l'appellent “undaria pinnatifida”. Elle est constituée d'une nervure épaisse autour de laquelle se développe une lame lancéolée aux profondes échancrures. Cette forme caractéristique lui vaut le nom de "fougère des mers". Le terme de wakamé ne désigne, à l'origine, que les parties latérales de cette algue, les plus tendres et les plus fines, dont le produit commercial du même nom est d'ailleurs composé.

Le Nori à Sushi :


Les sushis sont une spécialité gastronomique particulièrement populaire au Japon. Il s'agit d'une préparation à base de riz cuit et de poisson mariné enrobés dans des feuilles d'algue reconstituées.

Différentes variétés d'algues porphyra servent à la fabrication de ces feuilles, et toutes sont cultivées à grande échelle en Corée, en Chine et surtout au Japon, le premier producteur mondial avec plus de 250 000 tonnes de produit frais récolté chaque année. Les algues fraîchement cueillies sont nettoyées, hachées finement jusqu'à obtention d'une suspension dont une quantité adéquate est versée dans des moules dont le fond perméable permet d'évacuer l'excès d'eau. Après passage dans un courant d'air chaud, une feuille carrée de vingt centimètres de côté et pesant environ deux grammes et demi se détache du moule. Celle-ci est ensuite légèrement grillée.

Le nori se fabrique au Japon depuis très longtemps. Mais le processus par lequel les feuilles moulées individuellement étaient mises à sécher au soleil sur des claies de bambou est aujourd'hui entièrement automatisé, et les efforts des fabricants tendent surtout à obtenir un produit de qualité constante quelle que soit la saison. D'ailleurs ils y parviennent plutôt bien, en sélectionnant et panachant les différentes variétés de porphyra qui sont cultivées intensivement sur les quelques 60000 hectares dévolus à cette production

 

La culture du wakamé en Oléron :


La mise en culture de l'une ou l'autre des algues exploitables intéresse les acteurs de la filière au plus au point, car c'est la garantie d'un approvisionnement plus fiable qu'avec son équivalent sauvage, dont la cueillette reste soumise à toutes sortes d'aléas. IFREMER (Institut Français de recherche et d'expérimentation en mer) et CEVA (Centre d'études et de recherche sur les algues) ayant défini de premiers protocoles pour la mise en culture du wakamé (undaria pinnatifida), c'est logiquement pour l'implantation d'une station de culture de cette algue qu'ont opté Mrs Périgné, Levoir et Dalle, créant alors la société Wakamer.

Le site choisi au large de Boyardville, dans la baie des Saumonards, est dans une zone interdite à la pêche. Il s'est avéré bien adapté aux points de vue de l'hydrodynanamique, de la profondeur, du marnage, du climat...sauf à celui de la coexistence avec certains pêcheurs contrevenant, qui, pour n'être jamais sanctionnés, en usent de l'espace maritime comme d'un bien propre.

La station de culture, pour laquelle une concession a été attribuée le 28 Août 1991, est constituée d'un périmètre de solides aussières traversé de cordages régulièrement espacés et pourvus de bouées, et maintenu en place par une liaison de chacun de ses angles à 4 blocs de bétons doublés d'ancres de 800 Kg. Chacun des incidents causés par ces pêcheurs a gravement endommagé cette structure, entraînant à deux reprises une perte quasi totale de la récolte, perte qu'aucune indemnité n'a compensée! Il est certain que pour être viable, un projet de développement de la culture d'algue en pleine mer doit s'accompagner d'une évolution profonde des mentalités. Le total des préjudices subis est l'une des causes majeures qui a incité la société wakamer à se dissoudre et cesser définitivement ses activités.


La base fertile du wakamé est située à son pied, au départ du stipe. L'algoculteur en réservera une certaine quantité sur sa récolte pour préparer la mise en culture suivante.

Déjà rare en Bretagne, le wakamé est inexistant dans les eaux Charentaises. L'algoculteur doit donc maîtriser l'intégralité de son cycle biologique, observant une méthodologie rigoureuse qui va de la récolte et du traitement des bases fertiles pour provoquer la sporulation, à l'ensemencement de collecteurs constitués de cordelettes enroulées à intervalles réguliers sur des cadres appropriés, puis à leur maintien en "couveuse" jusqu'à ce que les conditions du milieu naturel deviennent propices à la mise en mer des cordages sur lesquels auront été fixées les cordelettes ensemencées. Les frêles plantules , à ce stade, sont juste visibles au binoculaire. Il doit ensuite surveiller sa station jusqu'aux premières récoltes, qu'il commencera 5 à 6 mois plus tard et poursuivra jusqu'au réchauffement des eaux, qui, avec la maturation des bases fertiles, entraîne l'altération des thalles.

Parallèlement à cette mise au point d'une technique fiable de culture du wakamé- technique qui, pour être novatrice en France, n'en est pas moins couramment pratiquée en extrême-Orient- la société Wakamer a expérimenté différents modes de transformation et mis au point des produits comme le wakamé mariné, le pain et le beurre au wakamé, le velouté de wakamé, une terrine de poissons au wakamé... . Les caractéristiques biochimiques du wakamé sont comparables à celles des autres algues, avec une proportion plus importante en éléments minéraux, dont on sait que la carence cause à l'organisme bien des maux.
Wakamer a procédé volontairement à sa liquidation courant 2000. Il n'y aura pas d'algoculture en France sans une volonté affirmée des politiques pour son développement. C'est en partie pour la susciter, et pour que les expériences menées et les résultats acquis ne se perdent pas, que J.F. Périgné les a consigné dans un rapport exhaustif disponible à tous pour consultation au centre de ressources du CFPPA de Bourcefranc.