LES
HERBES AROMATIQUES

On
peut considérer que les herbes aromatiques sont des condiments
à part entière tant elles sont variées ; il fallait
leur consacrer un espace privilégié.
Au sens strict du terme, une herbe se définit comme une plante
pérennante, dont les tiges molles ou succulentes meurent chaque
année, mais la notion s'est élargie à des arbustes
ou des arbres comme l'hysope, le laurier-sauce, et le romarin. Le
terme herbe désigne donc, aujourd'hui toute plante, généralement
aromatique, dont une ou plusieurs parties ont une utilisation culinaire,
médicinale, domestique ou cosmétique.
A première vue, les plantes regroupées sous le nom d'herbes
ne paraissent pas essentielles au maintien de la vie, mais il devient
chaque jour plus évident qu'elles nous sont, en réalité,
aussi indispensables que l'oxygène, de part leur apport en
éléments tels que vitamines et minéraux. Les
herbes dites condimentaires - persil, menthe, basilic etc. - possèdent
toutes des saveur caractéristiques qui permettent de les utiliser
en cuisine, seules ou ajoutéezs aux plats pour en rehausser
le goût.On ignore souvent qu'une herbe facilite la digestion
en général, ou celle d'un aliment auquel elle est associée.
La menthe poivrée, par exemple, est un adjuvant classique de
l'absorption des aliments, le basilic, lui, contient une substance
qui soulage les crampes d'estomac, le persil est un diurétique...
L'histoire des herbes est complexe et remonte aux plus anciennes civilisations.
Celles-ci nous ont légué leur savoir en la matière-un
savoir qui garde toute sa valeur, même à notre époque
atomique, il n'est pour s'en convaincre que de feuilleter les anciens
ouvrages qui sont régulièrement réédités.
Même les orties, aux redoutables propriétés urticantes,
ont leur utilité : elles contribuaient à réchauffer
les armées romaines frigorifiées, cantonnées
dans les îles côtières de Grande Bretagne. Néanmoins,
certaines plantes peuvent être nocives lorsqu'elles sont employées
sans discernement.
Aujourd'hui, les herbes sont plus populaires que jamais, en partie
du fait de l'aura de mysticisme et de légende dont elles se
sont entourées au fil des siècles, mais aussi parce
que nos sociétés modernes expriment fortement le besoin
d'un retour à des aliments sains et naturels, à des
médecines "douces", à des matières
brutes, pour contrebalancer une industrialisation souvent jugée
excessive, dans le domaine alimentaire comme dans d'autres domaines.
Elles se tournent donc vers ces colorants, arômes, et agents
de sapidité naturels que sont les plantes, souvent associées
à d'autres ingrédients qui en renforcent l'action.
La
réputation que se sont taillées les herbes est loin
d'être usurpée. Outre qu'elles rehaussent la saveur des
aliments ou découragent parfois certains insectes et petits
mammifères nuisibles, elles peuvent se révéler
fort utiles pour la santé des hommes et des animaux, et leurs
usages tant cosmétiques que domestiques sont multiples.
Si
historiens et sociologues s'interrogent parfois sur les raisons qui
sous-tendent le regain d'intérêt, constaté au
cours des dernières années, pour tout ce qui touche
à l'hygiène alimentaire, la popularité actuelle
des herbes condimentaires est indiscutable. L'histoire de l'usage
des herbes dans l'alimentation est inséparable de celle de
la nourriture elle-même. On s'accorde à penser que les
herbes ont d'abord servi essentiellement à masquer les goût
de la nourriture avariée pendant l'hiver - période durant
laquelle les gens ne disposaient pas de viandes de boucherie ni d'aliments
frais, mais cette explication n'est pas entièrement satisfaisante,
du fait que les anciens avaient mis au point d'excellents procédés
de conservation ; ils savaient se passer de la réfrigération
et à plus forte raison de la congélation.
L'Eglise
a puissamment influé sur l'utilisation culinaire des herbes,
puisque c'étaient les autorités écclésiastiques
qui décidaient des jours gras ou maigres et des périodes
de jeûne. Les aliments autorisés en période de
carême étaient particulièrement fades, et l'on
y ajoutait une grande quantité d'herbes et d'épices.
Par ailleurs, il faut noter que le goût puissant et exotique
de nombreuses épices "tuait" la faible saveur des
aliments et en tirer des leçons : le secret de l'utilisation
culinaire des herbes réside dans le fait que la quantité
mise en oeuvre doit être calculée de manière à
renforcer et rehausser la saveur des aliments, non à l'éliminer.
De plus, il doit y avoir accord entre la nourriture et le condiment
: il est déconseillé d'utiliser une herbe dont le goût
contredise celui du plat auquel on l'intègre.