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l'absinthePANACÉE DANS L'ANTIQUITÉ, HERBE SAINTE AU MOYEN ÂGE,,., L'ABSINTHE CONNUT DES REVERS DE NOTORIÉTÉ AU DÉBUT DU XX"SIÈCLE AVEC LA « FÉE VERTE », LA DÉMONIAQUE BOISSON DES POÈTES. Couleur douce et laiteuse, vert au charme suranné
comme jauni par les rayons de soleil estivaux, douceur trompeuse camouflant
une redoutable amertume. Si forte que, pour faire avaler l'absinthe
aux enfants anémiés et sans appétit, les Romains
doraient le bord de la coupe de miel blond, et que Varron recommandait
d'en saupoudrer les réserves de blé pour les garder
des vers et des souris. Mêlée à l'encre, elle
était censée protéger les manuscrits des dents
acérées des vrais rats de bibliothèque. Cette
amertume eut tôt fait de devenir proverbiale : « La vie
est cruellement mêlée d'absinthe » ou encore, toujours
sous la plume de Mme de Sévigné, « avaler son
absinthe », subir avec patience une chose désagréable. |
Alcool fétiche de Verlaine, Baudelaire, Rimbaud, Maupassant, la « fée verte » envoûtera rapidement tous les cercles de la société. Son effluve si particulier flottait aussi bien autour de l'infâme caboulot que du riche café des grands boulevards. Phénomène de société, l'absinthisme et ses effets sur le système nerveux, dus à l'huile essentielle de l'absinthe, la thuyone, alarmèrent l'État. Â partir de 1900, les autorités se mobilisèrent, « (absinthe voilà l'ennemie ». Fille de mauvaise vie, (ennemie capitula pendant la guerre avec ses alliés, l'anis, l'hysope, la badiane et le fenouil qui entraient dans la composition de la liqueur. Un amendement sauvera l'anis et le fenouil. Le jaune allait remplacer la verte, trop désespérante, et les assauts guerriers se firent au quart de rouge, bien plus tonique. Parfois, quand l'été cogne et que l'on n'a pas à être valeureux, il nous vient des envies de nous absenter dans le paradis maudit de la verte, histoire de rire avec la lune sans interdit... Florence BOUDOU : "L'Esprit du Sud-Ouest" - été 2000 |
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