Lièvres et sangliers - renards - biches
et cerfs
Voilà ce qu'on appelle un beau tableau de chasse.
Et ce pauvre gibier qu'on courre et qu'on pourchasse
Se meurt au son du cor quand la meute l'enserre.
Et les casaques rouges galopent de concert
Cependant que la bête aux abois leur fait face.
L'hallali retentit - c'est comme une préface :
Il va mourir debout - la chasse se resserre.
Tout à l'heure au château - des
dépouilles fumantes -
Des morceaux échoiront à la meute écumante
Qui grogne et qui aboie de façon véhémente.
Dans les salons dorés - les gâteaux
et le thé
Sont servis dans les ors avec bien du doigté
Par une théorie de valets en livrée.
Et chacun d'admirer - sur les murs accrochés
-
Les bois de tous les cerfs tués et empaillés.
Mais dans les grands yeux morts la souffrance est gravée !
Denis Germain
Introduction : La chasse et le
droit
Que ce soit sur le territoire français
ou dans les 90 départements qui le composent, une réglementation
complexe et évolutive est mise en place sur le plan national
mais également au niveau de chaque département.
L'exercice de la chasse n'intéresse pas seulement le chasseur
et le propriétaire foncier ; il intéresse la collectivité
à plusieurs titre. Elle doit veiller à la sécurité
des personnes, au respect des biens, à la conservation et à
l'exploitation rationnelle de la faune. Les relations entre la chasse
et le droit excèdent donc les simples règles cynégétiques.(art
de la chasse)
Durant ces dernières années, le
droit de chasse a fortement évolué. Le droit international
et européen, le nouveau Code rural, le nouveau Code pénal,
la déconcentration des procédures ont modifié les
pratiques. La perception de la faune sauvage comme un patrimoine commun
aux chasseurs et non chasseurs a accru les préoccupations de
protection de la faune et le nombre des acteurs.
La protection du gibier :
Le code rural a attribué au ministre de
très larges pouvoirs pour prévenir la destruction et favoriser
le repeuplement du gibier. Il a également prévu une protection
des ufs, couvées, portées et petits gibiers.
Le ministre chargé de la chasse (ou le Préfet de département)
prend des arrêtés pour prévenir la destruction ou
favoriser le repeuplement des oiseaux ou de toutes espèces de
gibier, et sans qu'il en soit ainsi dérogé au droit de
destruction des bêtes fauves (renard classé comme nuisible).
Sur le statut des espèces, ils ont permis d'interdire la chasse
en tout temps, la destruction, la capture, l'importation, l'exportation,
le transport, le colportage, la mise en vente, l'achat de certaines
espèces (tous les petits oiseaux de taille inférieure
à celle de la caille, de la grive y compris le merle, l'alouette
etc.).
Pour ce qui est du territoire de chasse, ils ont constitué la
base de réserves de chasse. En matière de temps de chasse,
ils ont permis de limiter l'ouverture de la chasse à certains
lieux (limitation de la chasse à la bécasse aux seuls
bois de plus de 3 hectares, limitation de la chasse au gibier d'eau
aux seul lacs et étangs de plus de 1 hectare et aux marais non
asséchés à l'exclusion des fleuves, rivières,
canaux et réservoirs) , de limiter les jours (suspension
de la chasse deux jours par semaine) et heures de chasse et de fixer
des conditions restrictives de chasse (variable d'un département
à l'autre par arrêté préfectoral révisable
chaque année avant l'ouverture de la saison de chasse).
Par exemple, suite à la tempête importante qui survint
fin décembre 1999 et qui a fortement endommagé les forêts
domaniales et la sylviculture, le Préfet de Dordogne a décidé
d'interdire l'exercice de la chasse sur tout le département jusqu'à
nouvel ordre, alors que les départements voisins, autant sinistrés,
ont retrouvé l'autorisation de chasser depuis la mi-janvier.
Le transport des armes de chasse
:
Toute arme de chasse ne peut être
transportée à bord d'un véhicule que démontée
ou déchargée et placée sous étui. Cette
interdiction tend à prévenir le tir d'animaux approchés
grâce à un véhicule.
Espèces soumises au plan de chasse :
Afin de maintenir l'équilibre
agro-sylvo-cynégétique, un arrêté départemental
définit le nombre exact de grands gibiers à abattre (cerf,
biche, chevreuil). Le bénéficiaire du plan de chasse retire
auprès de le Fédération Départementale des
Chasseurs les bracelets métalliques correspondant aux espèces
et au nombre de bêtes à éliminer.
Il est tenu d'apposer, sur le lieu même de l'abattage et avant
son transport, un bracelet autour d'une des pattes arrières de
l'animal. Ce bracelet doit rester en place jusqu'au dépeçage.
Des attestations sont délivrées avec les bracelets. Elles
doivent être remplies par le bénéficiaire du plan
de chasse et accompagner les morceaux de gibier si ceux-ci sont découpés
avant le transport.
Si le gibier est acheté à un détaillant, la facture
doit comporter la référence d'identification du gibier
découpé.
Le gibier d'élevage :
Selon la législation :
" Tous les animaux des mêmes espèces que les différents
gibiers sont considérés comme animaux domestiques s'ils
sont nés et élevés en captivité. Avec
la justification de leur origine par agrafe métallique, bracelet
ou marque papier, et sous réserve de la réglementation
sanitaire et de la tenue du registre spécial, la mise en vente,
la vente, l'achat, le transport, le colportage des dits animaux sont
libres de tous temps. De même, la
vente des préparations effectuées à partir des
viandes de gibier d'élevage est libre, mais le fabricant doit
tenir un registre spécial sur lequel sont notés ses
achats et reventes de gibier en l'état ".
Ces activité commerciales susceptibles d'être autorisées
en période de fermeture de la chasse, portent uniquement sur
les espèces de gibier chassables limitativement énumérées
dans l'arrêté. Il s'agit de :
Pour les mammifères : cerf élaphe, cerf sika, chevreuil,
daim, lapin de garenne, lièvre brun, mouflon, sanglier, ragondin
et rat musqué ;
Pour les oiseaux : canard colvert, faisan de chasse, perdrix grise,
perdrix rouge, pigeon ramier étourneau sansonnet.
Les activités portant sur
d'autres espèces de gibier chassables ne peuvent donc être
autorisées, d'autant que le commerce de la plupart de ces espèces
est interdit par d'autres dispositions réglementaires. (comme
pour la bécasse et la sarcelle)
Principales espèces chassées en Dordogne :
Le gibier de poil
- gros gibier ou venaison : cerf, biche, sanglier, chevreuil, daim,
mouflon
- le petit gibier : lièvre (en nette régression), lapin
de garenne (largement décimé par endroit à cause
de la myxomatose), renard, blaireau
Le gibier de plume
- perdrix rouges et grises, faisan de chasse, colin (la plupart provenant
de repeuplement)
- corbeaux, corneille, étourneau, pie, geai, grives, alouette
- tourterelle, palombe ou pigeon ramier, canard colvert, sarcelle
d'hiver, vanneau huppé, oie cendrée
(en fonction du plan de gestion cynégétique approuvé
et conditions de chasse particulières)
Résumé des textes relatifs à
la commercialisation du gibier :
- Détention
de gibier sauvage :
Un restaurateur ne peut détenir du gibier sauvage avant la date
autorisée de mise en vente. Celle-ci varie selon les départements.
Dans la plupart d'entre eux, cette date est fixée entre quinze
jours à un mois après l'ouverture de la chasse. Sinon
le gibier peut être présent sur les tables le jour même
de l'ouverture.
- Cessation du service :
Le restaurateur doit cesser le service du gibier le dimanche suivant
celui de la clôture de la chasse
- L'achat du gibier :
Il peut avoir lieu chez les marchands spécialisés (volaillers,
bouchers ) ou auprès de chasseurs particuliers. Le restaurateur
est en droit de vendre du gibier qu'il aurait chassé lui-même.
- Le registre du gibier :
Les hôteliers-restaurateurs et gérants de restauration
collective doivent posséder un " registre du gibier "
pour y inscrire leur achats de gibiers morts ou vivants. Le registre
paraphé par le Maire ou le Commissaire de Police doit être
présenté à toute réquisition des agents
habilité (gardes fédéraux, agents de la répression
des fraudes).
Tous les mouvements des animaux (entrées et sorties) doivent
y être consignés, jour par jour, sans blanc ni rature.
Si le gibier a été acheté à un particulier
ou tué par le restaurateur, il faut noter le nom des chasseurs,
la date et le lieu de chasse, le nombre de pièces et leur identification.
Les mouvements des gibiers d'élevage ou congelés doivent
également être consignés sur le registre.
Filière du gibier sauvage français
La commercialisation du gibier d'élevage
français
La production de gibier d'élevage en Dordogne
tant pour la consommation ou la transformation que pour le tir dans
les chasses privées les concours de chiens et le repeuplement,
concerne les espèces suivantes :
Lièvre, caille, perdrix, faisan, sanglier cerf et biche