Gastronomie d'en Périgord - L'encyclopédie gastronomique de la Dordogne
 
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LES FIGUES

 

 

Fin septembre, c'est la pleine saison pour la récolte des figues en Périgord ; s'il n'en est pas fait une culture à proprement parler, il n'est pas rare que chaque maison ou chaque coin de jardin ne dispose d'un figuier en Dordogne.

Latin :Ficus Carica, Anglais : Fig, Espagnol : Higo, Italien: Fico, Allemand : Feige



Il existe 3 groupes de couleurs de figues (blanches ou vertes, grises ou rouges, noires ou violets foncés)
Les variétés bifères donnent 2 récoltes par an, une première récolte de figues fleurs en juin-juillet (généralement les plus gros fruits) et une deuxième en août avec des figues plus petites mais plus sucrées et plus savoureuses

La France possède une seule espèce de figuier, parmi les 700 qui existent dans le monde. Il pousse sur les vieux murs, dans les rochers, dans les sols pauvres et a besoin d'eau pour survivre mais aussi de chaleur et de soleil, ses très grandes feuilles en témoignent.

Quelques variétés de figuiers que l'on peut trouver autour de la Méditerranée et ailleurs :

Algérie : Azaich
Egypte : Kahramani
Grèce : Pregussata
Inde : Poona
Italie : Dattero, Fracazzano, Lucano, Paradiso, Pissaluto
Japon : Horaigaki
Palestine : Hdadi, Khdari, Kharroubi, Hmari, Mwazi, Tbani
Portugal : Badalhouce, Moscatel Branco, Rei, Sao luiz

REPRODUCTION

La première caractéristique est que le figuier n'a pas de fleurs extérieures, comme la plupart des autres arbres, mais ses fleurs sont à l'intérieur de la figue, 1 000 fleurs par figue ! Les fleurs femelles sont au fond les plus nombreuses, quelques fleurs mâles se trouvent près de l'entrée ou de la sortie !
La seconde caractéristique est qu'il y a des figuiers mâles et des figuiers femelles, séparés parfois de quelques mètres ou quelques centaines de mètres.
Mais alors, comment la fécondation va-t-elle se faire ?
C'est là qu'entre en jeu ce minuscule insecte de 2 mm : le blastophage. Sans l'existence de cet insecte, le figuier ne peut pas se reproduire, et, à l'inverse, sans le figuier le blastophage ne peut pas assurer sa descendance.

Voici, très schématiquement, comment se déroule cet étonnant fonctionnement.
Vers le 15 mai les figues du figuier mâle émettent du pollen ; attiré par celui-ci, le blastophage va pondre des oeufs dans chaque fleur femelle, environ 200 oeufs, 5 blastophages se partageront les 1 000 fleurs.
Vers le 10 juillet, les insectes naissent à l'intérieur des fruits, les mâles avec un gros pénis arrivent avant les femelles puis les fécondent avant qu'elles ne sortent de leur galle, et meurent. Les femelles en sortant du fruit se couvrent de pollen et se dirigent vers le figuier femelle qui, entre temps, a préparé ses fruits. Elles libèrent le pollen et permettent de féconder le fruit. Cette figue sera mûre au mois de septembre, si le fruit n'est pas fécondé il tombe.
Vers le 15 août, de nouvelles figues apparaissent sur le figuier mâle, les femelles blastophages encore en vie pourront y pondre des oeufs, et les larves attendront le mois de mai pour éclore. Ainsi, la boucle est bouclée, ces fruits sont appelés «mammes» ou «figues pouponnières».
De retour «au camp de base», nous observons l'intérieur des figues à la binoculaire. Certains insectes sont morts, les mâles sont bruns et les femelles sont noirs, ils ont accompli leur tâche. Mais dans l'une des figues nous assistons, émerveillés, à la naissance d'un blastophage femelle qui émerge peu à peu de son cocon et étire ses ailes. Il n'a pas à chercher la sortie du fruit puisque la figue a été ouverte par nos soins. D'un seul coup il s'envole et vient se poser sur ma joue, ce qui me donne une sensation de chatouillis très agréable, puis il s'envole de nouveau pour accomplir son œuvre de fécondation.